Un chirurgien français réussit la 1ère greffe de trachée à partir d’une aorte

Un chirurgien français de l’hôpital Avicenne, à Bobigny, a réussi la première greffe de trachée à partir d’une aorte prélevée sur un donneur décédé. Les résultats de cette ont été présentés dimanche 20 mai à un congrès médical américain et publiés dans la prestigieuse revue scientifique Journal of the American Medical Association.

Un chirurgien français réussit la 1ère greffe de trachée à partir d’une aorte1
Conference de presse du PR Emmanuel Martinod et le Pr Eric Vicaut à l’hôpital Avicenne pour la 1ère greffe réussie de trachée à partir d’une aorte

La réussite de la 1ère greffe de trachée à partir d’une aorte est une prouesse médicale qu’a réalisée l’équipe du professeur Emmanuel Martinod, chef du service de chirurgie thoracique à l’hôpital Avicenne de Bobigny, en région parisienne. Elle est parvenue à utiliser un morceau d’aorte, qui est un canal sanguin, pour remplacer un bout de trachée, un conduit respiratoire, et a réussi à guérir des patients qui vivaient avec une trachéotomie.

Pour ce faire, les chirurgiens ont utilisé une partie d’aorte abdominale, prélevée sur un donneur décédé, et ont inséré un « stent » , une sorte de petit ressort métallique, afin de rigidifier le conduit. Une fois la greffe réalisée, la magie du corps humain a opéré : l’aorte s’est transformée en trachée. « La fonction a créé l’organe », résume le professeur Emmanuel Martinod. La couche cellulaire à la surface de la trachée s’est reconstituée, ainsi que du cartilage à l’intérieur.
Le « stent » a alors pu être retiré. Et aucun traitement antirejet n’est nécessaire, car l’aorte n’induit que très peu de réactions immunitaires, précise le médecin.

13 patients opérés pour l’instant

Un chirurgien français réussit la 1ère greffe de trachée à partir d’une aorte2
Pr Emmanuel Martinod réussit la 1ère greffe de trachée à partir d’une aorte

Le professeur Martinod et son équipe ont commencé ces transplantations en 2009 sur 13 patients qui ont bénéficié d’une reconstruction de la trachée ou de conduits respiratoires avec cette technique : cinq se sont vus reconstruire une trachée, sept des bronches souches (des conduits qui partent directement de la trachée), et le dernier une carène trachéale (la division de la trachée entre bronches gauche et droite). Seul l’un d’entre eux n’a pas survécu.
« La mortalité à 90 jours a été de 5 %. Il n’y a eu aucune complication grave liée au greffon ou au stent (…) La grande majorité des patients respire aujourd’hui à l’aide du greffon qui s’est transformé », s’est félicité Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui gère l’hôpital d’Avicenne.

La trachée était l’un des derniers organes à résister encore à la transplantation. Ces greffes représentent donc un espoir majeur pour les malades.

Le plus d’Aktu: Un médecin italien, le professeur Paolo Macchiarini, avait déjà essayé de greffer des trachées cultivées en laboratoire. Mais dans son cas, les trachées étaient en plastique puis « colonisées » par des cellules-souches du patient ex-vivo, c’est-à-dire en dehors du corps. Sept des huit patients opérés par le professeur Macchiarini avec cette technique sont décédés et le huitième a disparu.

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici