Les feux tricolores disparaissent bientôt de nos routes

dans un article publié dans la revue scientifique PLOS ONE, une équipe de chercheurs du M.I.T (Massachusetts Institute of Technology),  de l’Institut fédéral de technologie de Zurich (ETHZ, Suisse) et du Conseil national de la recherche (CNR, Italie) propose une nouvelle manière de réguler le trafic, bien plus efficace du point de vue de l’économie de temps, d’énergie et de rejet des polluants.

Les feux tricolores disparaissent bientôt de nos routes
Les feux tricolores disparaissent bientôt de nos routes

La conception d’un algorithme de gestion

feux de circulation versus le croisement avec leur régulation dynamique des voitures
Les feux de circulation versus le croisement avec leur régulation dynamique des voitures

Les chercheurs ont en effet conçu un algorithme de gestion réparti entre les voitures (communicantes) et des centres de gestion automatique situés aux intersections : une “colonie” d’agents informatiques collaboratifs qui régule les croisements en temps réel et “au cas par cas”, à l’instar de la régulation du trafic aérien à l’approche des aéroports.

Ils ont ainsi développé deux modèles:

  1. L’un basé sur le principe d’un calcul prenant en compte voiture par voiture sur l’idée du “premier arrivé, premier servi”
  2. l’autre reposant sur un principe plus complexe de prise en compte des groupes de voitures se suivant sur la route avant le croisement. C’est ce dernier modèle qui s’est révélé le plus efficace.

Simulations

De fait, pour tester leur système (avec les deux modèles), les chercheurs l’ont intégré dans une simulation basée sur des données réelles du trafic, issues de bases de données GPS. Ce qui  leur a permis de disposer d’un scénario de circulation comportant 2 000 trajets passant par un croisement.

Ces schémas mettent en scène le type de calcul effectué par le système de régulation dynamique du trafic à un croisement (Crédit : Remi Tachet et al., PLOS ONE 2016).

Ces schémas mettent en scène le type de calcul effectué par le système de régulation dynamique du trafic à un croisement (Crédit : Remi Tachet et al., PLOS ONE 2016).

Puis ils ont comparé deux situations : le croisement avec feux de circulation versus le croisement avec leur régulation dynamique des voitures. Pour chaque situation, ils ont relevé plusieurs paramètres, dont le débit de voitures au croisement, le temps d’attente moyen par voiture, la consommation de carburant, les gaz rejetés, etc.

Et les piétons voulant traverser?

les piétons aussi sont concernés
Les piétons aussi sont concernés

Ces paramètres varient avec la densité du trafic, mais dans tous les cas le gain réalisé avec une régulation sans feux est significatif. Par exemple, le débit maximal de véhicules à l’intersection peut être multiplié par deux, le temps d’immobilisation est réduit à zéro (contre 10 à 90 secondes avec des feux), le taux de pollution est divisé par deux, etc.

Dans l’étude, la question des piétons voulant traverser n’est pas traitée. Mais en imaginant que les voitures autonomes seront équipées de détecteurs de piétons permettant de modifier leur vitesse au croisement, les chercheurs affirment que ces variations de vitesse pourront être intégrées facilement par l’algorithme.

Le 1er feu tricolore en 1920
Le 1er feu tricolore en 1920

L’info d’aktu: Les feux de croisement existent depuis environ un siècle et demi. Il semblerait que ce soit à Londres, au coin de Bridge Street et de Palace Yard, le , qu’un feu de signalisation ait été utilisé pour la première fois, sous la forme d’une lanterne à gaz pivotante aux couleurs rouge et verte nécessitant la présence d’un agent de police pour le manœuvrer (ce dernier sera grièvement blessé le ).

Aux États-Unis, les premiers feux — bicolores — de signalisation électrique seront installés à Cleveland, le .

Et le premier installé en France date de 1923, au croisement des boulevards de Sébastopol et de Saint-Denis à Paris.

 

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